Moulay Bouzerktoun → Essaouira → Agadir → Sidi Ifni

Mon au revoir à Moulay Bouzerktoun

Yo la famille,

Nous sommes le 24 mai, c’est un mardi. Comme prévu je quitte mon hôte aujourd’hui. Pour l’instant je prépare tranquillement mes affaires et me prends une bonne douche à l’eau chaude, peut être la dernière avant un petit moment. En préparant cette partie du trajet, j’ai lu, sur le blog d’un gars qui à fait la traversée Agadir – Dakhla en vélo, que les douches chaude ça court plus trop les rues à part pour les hôtels à touriste mais vu que je ne compte pas les fréquenter … Je prends un dernier thé avec Asri en guise de petit déjeuner , je dis au revoir à tout ceux que je peux croiser ce matin là, tout le monde me demande si ça m’a plus ici, on ne cesse de me répéter qu’ici c’est chez moi, que le Maroc c’est mon pays, et surtout tout le monde espère que je revienne, mais ils sont inquiet que j’oublie entre temps. J’ai promis de revenir, sans donner de date car se pourrai être dans six mois comme dans six ans. Je connais ces personnes depuis à peine trois jours, mais j’ai rencontré des personnes vraies, et la séparation me met une petite boule au ventre. Les affaires sont chargées, la voiture démarre et on commence à quitter le village. Un petit coucou par ci, un hochement de tête par là. En sortant du village Asri s’arrête pour faire monter un vieux monsieur unijambiste dans sa voiture, on le posera un peu plus loin devant la route qui mène à son village. Le papy n’avait rien demandé, il se poussait même pour nous laisser passer mais ici les gens sont comme ça ils donnent avec le cœur, très souvent.

Moulay Bouzerktoun Beach

Sur le trajet je reste majoritairement silencieux. Je le suis de nature, mais là je le suis particulièrement. Encore beaucoup de choses se bousculent dans ma tête : Ce joli petit bled en bord de mer que je quitte, cette amitié naissante avec Asri, la suite de mon voyage, seul sans chaperon ! On arrive à la gare routière municipale d’Essaouira. On gare la voiture et on va négocier un prix pour un taxi commun : 80 Dihram. Le trajet en bus avec Supratour (l’autre grosse compagnie de bus du Maroc, liée aux chemins de fer marocain) c’est 70 Dihram. Y a que 10 Dirhams de différence, mais je me dis que les bus de la gare routière doivent être bien moi cher que ça. On part avec Asri pour voir. Dans la gare routière municipale c’est l’effervescence. Une vingtaine de bus aux couleurs d’une quinzaine de compagnies, des types avec des petits carnets de ticket (genre ticket de tombola qu’on vendait en primaire), ça crie de tous les côtés « Marrakech ! » « Agadir ! » et d’autres destinations qui ont du mal à rester dans ma mémoire. Des mecs tirent des carrioles remplies de cartons sous cellophane qui sont chargé dans les bus. Ici les bus font aussi office de transporteur, après faut aller chercher à la gare routière le colis. Asri aborde un mec, casquette rouge, T-shirt blanc, survêt des années 70, et négocie avec lui le prix de mon transport : 50 Dirham. Je paye le billet et on retourne chercher mon sac à la voiture. Ensuite Asri me raccompagne à la gare routière. On se sépare, je le remercie pour son accueil, il me dit de ne pas hésiter à l’appeler si j’ai un soucis sur le trajet et de lui dire quand j’arrive à Dakhla, il essayera de me trouver un hébergement pas cher chez un ami à lui.

Une fois Asri parti je rentre dans le bar de la gare routière et me commande un soda. Le barman ne parle pas français, il me dit le prix, je comprends pas, il me dit le prix je comprends pas, je commence à sortir ma monnaie et je lui donne une pièce de dix, en me disant qu’il me rendra la monnaie en conséquence. Erreur fatidique de ma part, il me fait comprendre que c’est le prix ! D’habitude je le paye 6 ou 7 dirham, mais bon, on me voit encore comme un touriste malgré ma tenue traditionnelle achetée avec mon frère le samedi à la médina … va falloir que je la sa;lisse un peu, elle fait trop la classe ! Je savoure mon soda jusqu’à la dernière bulle et part dans la foulée embarquer mon sac et prendre place dans le bus. Quand j’arrive le gars qui m’a fourguer le ticket rajoute 10 pour le sac. Va falloir que je m’habitue parce que ça commence à me saouler grave cette relation biaisée. Pas de ticket pour mon sac contrairement à la CTM, ça me rassure pas trop mais bon. Je monte dans le bus, cette fois ci pas de place attribuée, je me met a coté d’un vieux monsieur, contre la fenêtre pour pouvoir surveillé au cas ou je vois un type partir avec mon sac lors d’un arrêt. Le car devrait partir à midi, il partira à midi et demi. Encore une habitude à prendre, ici on attends les passagers et les colis, tant que ça arrive on charge, tant pis pour les horaires. En même temps ça change de la France ou le bus te démarre sous le nez.

Essaouira → Agadir : Plus c’est long … plus c’est long !

Le bus démarre enfin et sort de la gare routière, on prends encore deux personne sur les dix mètres qui nous mènent du parking à la route. Ensuite le bus s’enfile dans les rues de la ville. Parfois le long du trottoir il y a des gens avec des cartons, le bus s’arrête et charge les colis tandis que le vendeur de ticket annonce les principales étapes du trajet au cas où un passant serait intéressé. Au premier arrêt je doute de la pertinence de la démarche, mais au second deux personnes montent, et une autre montera encore sur la dizaine d’arrêt sauvage qu’on fera dans Essaouira. A la sortie de la ville le vendeur de ticket et le préposé aux bagages descendent du car et arrête un taxi pour retourner à la gare routière je suppose, nous on par vers Agadir. Au bout de même pas un kilomètre on s’arrête, quelqu’un à fait signe au bus sur le bord de la route. L’homme monte et paye 10 dirhams pour aller à Agadir ! Ça se voit qu’il a pas beaucoup d’argent, je commence à réalisé que 50 dirhams ça devait pas être le vrai prix, mais que j’ai peut être payé une parti du trajet de ce monsieur. Après tout je suis sur une terre religieuse ici, Allah me le rendra … inch’Allah.

entre Essaouira et Agadir

Régulièrement on s’arrête au milieu de nulle part le long de la route, des gens descendent, d’autres montent. A part dans les villes et villages que nous traversons il n’y a pas d’arrêt aménagés le long de la route, alors chaque endroit ou le car peut se mettre sur le bas coté est un arrêt potentiel, et si ce n’est pas possible de s’arrêter sur le bas coté ben on s’arrête en plein milieu de la route, ceci dit ce n’est arrivé qu’une fois. La route est magnifique, elle serpente dans la montagne, parfois on voit la mer parfois on voit des sommets escarpés. Le paysage est toujours vert, des petits arbustes trapus forment une sorte de steppe caillouteuse, de nombreux troupeaux de chèvres broutent l’herbe jaune de part et d’autre de la bande d’asphalte. Le trajet est long, déjà 15h et on est encore loin d’Agadir.

Vers 15h40, à cinquante kilomètres de ma destination on s’arrête pour faire une pause repas, certains passagers allant jusqu’au terminus à Tan Tan, loin dans le sud, dans le désert. J’en profite pour visiter les toilettes, une envie pressante. Finis les toilettes à l’européenne comme dans les gare routière et les cafés du nord du pays, la c’est des chiottes turques avec un robinet et un seau en guise de chasse d’eau. Il faut prendre l’habitude, c’est pas compliqué. Petit conseil du Slim Sacquet aux éventuels voyageurs, ne rempli pas trop le seau, il n’a pas de anse et si il est trop lourd tu dois mettre la main en dessous pour le basculer … ceci dit tu ne fais l’erreur qu’une seule fois (sauf le matin au réveil avec la tête dans le cul, tu te fais avoir a chaque fois). Trop de monde devant les deux trois restos, et j’ai pas idée de la durée de la pause. De l’autre coté de la rue il y a des marchands de bananes, spécialité locale, j’en prends quatre. C’est des petites bananes extrêmement sucrées, moi qui suit fan de banane, je trouve que c’est les meilleurs bananes que je n’ai jamais mangé … en même temps incomparable les fruits et légumes ici par rapport à la France : ici les c’est bon, ça a du goût, des saveurs, ça pousse avec de la terre, de l’eau et du soleil. Y a pas de miracle, la nature est bien faite … Juste le temps de me fumer une clope, les coups de klaxon retentissent, signal d’un départ imminent ou presque. On attends les derniers retardataires, personne n’est oublié. On reprend notre route vers Agadir, on est plus très loin à présent, 50Km et la route est moins sinueuse, on roule mieux.

Taxi of Agadir

On arrive à Agadir, pas d’arrêt de gare routière, le bus s’arrête le long d’un trottoir, le chauffeur m’indique la route pour le centre ville d’Agadir. La ville est plutôt jolie, moins européenne que Rabat ou Marrakech niveau architecture. Par contre c’est blindé de monde, de voiture, il est 16H30, je suppose qu’ici aussi y a bouchon a la sortie du travail. Ici les petits taxis sont orange, la moitié sont des 205 première génération, c’est marrant de voir ces voitures à l’ancienne. Je pense à ceux qui ont des 205 à fourgué, à mon avis à Agadir y a un marché ! Flânant le long de cette grande avenue en direction du centre ville, je tombe sur la gare routière d’Agadir. Je vais jeter un oeil pour les horaires, Asri m’a conseillé de faire étape à Sidi Ifni sur la route de Dakhla. Il y a un bus qui part à 18H, je demande à quelle heure il arrive, la dame au guichet me dit 21H, ça me semble correct pour trouver un hôtel à l’arrivée, je décide de prendre celui là. En attendant je me fait un petit casse croûte, les quatre bananes ne m’ont pas vraiment tenu le ventre. A 18H je monte dans le car et retrouve le confort de la CiTièMe.

Agadir Bus Station

Agadir → Sidi Ifni : de ville gogo à ville dodo

Pour comprendre l’introduction à ce paragraphe il faudra lire l’article suivant sur mon séjour à Sidi Ifni. Pfiou, je deviens presque un pro de la com là ! Je vous appâte, je vous ferre ! Cette petite page de publicité passée, il est temps de reprendre notre histoire. Je prends donc le car à Agadir. Je suis tout seul au fond du bus, j’en profite donc pour prendre mon PC et finir l’article sur mon passage à Moualy Bouzerktoun … Je n’aurais pas le temps de le finir, je fais ça discrètement, je voudrais pas attirer l’attention, mais à coté de moi de l’autre coté de la traverse il y a un couple de marocain avec des tablettes, je me dis que ça doit être safe … Mais les chaos de la route me fond lâcher l’affaire rapidement, je finirais ce soir à l’hôtel peut être. Vers 21H on s’arrête dans une station service pour se restaurer. La station est moderne, mais les toilettes sont encore à la turque avec robinet et sceau d’eau. Avec un sol lavé nickel, t’as pas le seau qui trempe dans une eau croupie à la pisse, c’est le grand luxe. Je me prend un petit kofté et une limonade et déguste le tout en observant un magnifique coucher de soleil.

Pause repas au milieu de nulle part

Bon, on est toujours pas arrivé et on s’arrête manger. Le terminus de ce bus est Laayoune, sûrement encore très loin dans le sud. Je ne sais pas ou on est, mais ce qui est sur c’est qu’on a pas passé Tiznit, je commence à m’inquiéter pour mon hôtel. Au coup de klaxon réglementaire tout le monde remonte à bord du bus et on repart. On était en fait à l’entrée de Tiznit, Je fais un calcul vite fait dans ma tête. M’étant laisser griser par l’enthousiasme de la guichetière j’avais oublié que j’avais déjà regarder l’horaire sur le net chez Asri, d’Essaouira à Sidi Ifni il faut 6H30 dont 2H30 pour Agadir, ça devrait faire 4H minimum de route, surtout que l’horaire est calculé pour une voiture et moi je roule en bus. On finis la route de nuit sans ennui notoire, il fait noir je vois rien, je décide de me reposer un peu, au cas ou je doive passer la nuit dehors. Au moment ou je me réveille on voit les lumières de Sidi Ifni au loin, on est tout proche, je le sent. Il est 23h à peine passé, quand nous passons le barrage de police à l’entre de la ville. Deux minutes après je descend du car et récupère mon sac. Il est temps pour moi de me mettre en quête d’un hôtel..

Je me permet de te planter là, je reviens bientôt pour te conter la suite des aventures de Slim Sacquet !

Paix et Amour

Slim Sacquet

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