Moulay Bouzerktoun : Petit paradis du windsurf

Yo la famille,

il est temps de vous raconter la suite du périple, yalah !

Samedi 21 mai : Essaouira entre frangins

On se réveille un peu après 10h30 du mat, la nuit à été courte. Je fais la connaissance de Asri un vieux pote à mon frère qu’il avait pas vu depuis quelques années. On sympathise immédiatement, on est sur la même longueur d’ondes c’est clair. Une bonne douche pour finir d’ouvrir les yeux et ensuite on part prendre un petit dej chez Boujemaâ, une maison un peu plus loin dans le village. Il est pas là, il gère son événement, cette semaine il y avait une compète de windsurf à Moulay Bouzerktoun, avec cinq catégorie, de la première étape du Tour Américain aux amateurs. C’est un gros événement organisé au mieux avec les moyens du bord, tout le monde participe, le vent fait tourner l’économie locale. Ici c’est vraiment un petit village typique, c’est roots et le paysage est magnifique. Aujourd’hui le vent souffle et il fait pas très beau … décidément je vais finir par croire que le mauvais temps me suit… Moulay Bouzerktoun c’est le repère du windsurf marocain, des champions vivent ici comme Fta et Boujma.

Bouj Sports

Après le petit dej on profite d’un voyage pour retourner sur Essaouira à l’hôtel de mon frère, il doit préparer ses sacs et on visitera la ville. Pour 7 dirhams un taxi t’emmène n’importe ou dans la ville. C’est pas cher. On visite la Médina, mon frère veux ramener des souvenirs à ses enfants, moi je veux des vêtements pour le désert et pour me fondre un peu plus dans la population. La médina c’est joli, mais les mecs te sifflent tous les dix mètres pour te vendre du shler ou te faire rentrer dans une boutique. C’est très joli, très typique mais tu sent bien que la plus part des gens te voient comme un portefeuille sur pattes, c’est parfois comique parfois chiant mais en même temps c’est le résultat du comportement des touristes. Finalement je me trouve une tunique complète pour le désert mon frère a trouver ses épices et ses souvenirs. On a bien rigolé avec le frangin dans Essaouira, j’ai pris quelques photos de graffs, on a visiter la plage puis on est reparti à l’hotel se changer, pour la remise des prix et la soirée de fermeture de l’événement. Comme j’avais pas de tenue car mes affaires étaient chez Asri, j’ai mis ce que j’avais acheté à la médina, au top …

Fuck You I'm infamous

La soirée était sympa, ça manquait un peu de moyen mais on a eu un super concert. Encore un mélange de musique traditionnelle et de reggae c’était pas mal. Après moi c’est pas trop mon genre d’ambiance les soirées branchées, mais bon j’ai pris plaisir quand même, détendu après tant de speed ces trois dernières semaines. Un pélot à quand même essayé de me fourguer 25g pour 1000 dirhams, je me suis bien marrer. Il s’est un peu vexer, mais bon, je comprends qu’il trouve des pigeons pour ça, quand tu vois les prix pratiqués dans les lieux ou l’on vend de l’alcool (les repères des touristes) c’est plus cher que sur la côte pour certains trucs !A cette soirée j’ai fait la connaissance de pas mal de locaux qui sont dans le windsurf ou le kite. J’ai bien accroché avec eux, c’est des gens simples, certains sont des stars locales mais ils sont bien plus humble que les kéké de nos plages ou de nos pistes de ski. J’aime cette mentalité, où les gens font ce qu’il font par passion avant tout et pas pour dire qu’il le font. Ici tu vois que les gens se démerdent comme ils peuvent. Dans une conversation on me glisse « Au Maroc on à rien mais on demande rien ». C’est vrai ici c’est la démerde, chacun fait au mieux malgré le manque de moyens, même pour organiser une compétition internationale de windsurf.

Concert in Essaouira

Vers 23H, la faim se faisant sentir, on décide de se faire un petit truc à manger sur le pouce. On se prends un petit sandwich et on va manger sur la grande place le long de la plage. Un chien s’est approché alléché par l’odeur. Mais les chiens vagabond ici sont mieux élevés que certains chiens en France, j’ai halluciné. Le chien s’est planté devant nous, il s’est assis et voyant que rien ne se passait, a commencer à nous faire des tours ! Bon ben on s’est laissé amadouer. On lui a filé un peu de bouffe on a attiré tous les chats du quartier. Puis il était temps de repasser à l’hôtel chercher les affaires. On est rentré avec Asri et son fils, on est passé par le port, la criée était finie, et chacun chargeait ses achats sur des pickup et des camions. Il y avait des requins énormes qui attendaient d’être embarqués, ça fait pas rire !

Hot Dog !

On s’est tapé une bonne rigolade en sortant du port. Un pêcheur et un gendarme étaient en train de s’embrouiller, la voie de sortie étant bloquée alors le gendarme nous fait signe de prendre la voie entrante, un sens interdit sur une dizaine de mettre. Au bout de cette voie, un policier plutôt énervé de nous voir, il veut les papiers du véhicule pour nous mettre une amende. Asri lui explique que c’est le gendarme qui nous a dit, l’autre en a visiblement rien a faire et insiste pour avoir les papiers. Le ton monte Asri donne les papiers en lui disant qu’il peut les garder, et entame une marche arrière jusqu’au gendarme. La voie est débloquée pour sortir il faut récupérer les papiers maintenant. Le gendarme nous accompagne, grande discussion avec le policier et Asri, son fils nous traduit, apparemment le flic veut pas rendre les papiers et mettre une amende, le gendarme insiste, blague un peu, le flic se détend et rends les papiers … situation improbable en France, ici on peut négocier avec la police et leur faire prendre raison.

Finalement on rentre enfin chez Asri pour finir la nuit en attendant que le chauffeur, qui remmène mon frère et un autre windsurfer à Marrakech pour chopper leur avion, arrive. On fini la soirée à discuter peinard des étapes de mon voyage, des projets de mon frère et de ceux d’Asri. Vers 4H du mat le chauffeur arrive avec un petit van, il installe des barres sur le toit pour charger le matos de mon frère, un gros boardbag de windsurf et un plus petit. Les barres ne sont même pas fixée, elles le sont directement avec les sangles, seul hic il n’y a qu’une sangle … Du coup on enlève tout et on fait un tétris dans l’habitacle arrière pour caler tout le matos et laisser une place a l’arrière … t’inquiète au Maroc tout est possible, ça marche toujours, inch Allah. Du coup c’est les au revoir avec mon frère. Moi j’ai décidé de prolonger mon séjour à Moulay Bouzerktoun, Asri m’ayant ouvert sa maison, et puis j’ai pas envie de me lâcher dans la nature direct, il lui faut son temps d’adaptation au Slim. Une fois mon frère parti je me couche.

Dimanche 22 Mai : Essaouira tranquille pépère, relax

Réveillé à 10H, je décide d’accompagner Asri et son fils qui va aller faire du kite à Essaouira. On passe la journée tranquille aux alentours. Le temps de constater que dans les deux restos de plages ou l’alcool est autorisé, donc ou vont les européens, les prix sont aussi cher que sur la côte d’Azur ! Et les restos sont blindés, forcément c’est la ou on peut s’enivrer … Sur la plage, à part les marocains qui sont dans les sports de glisse,la plus part sont en vétement, c’est leur culture, à coté les européens sont à moitié a poil, des allemandes en short en jean court qui leur moule les lèvres, y’en a même une qui sort … je suis choqué par se genre de comportement, et ne serais pas étonné d’apprendre que c’est les même qui gueulent chez nous car des femmes portent un foulard dans leur cheveux …

Essaouira Beach

Je commence déjà à en avoir marre de ces touristes qui n’ont pas envie de négocier, qui paye tout et n’importe quoi à n’importe quel prix, Essaouira j’aime pas trop, trop pollué par les touristes. Y a toujours un mec pour te vendre un truc, pour te taxer. Dans la médina les mecs te suivent sur 50 mètres pour te vendre un bout de shler, technique j’insiste lourdement je vais bien le saouler et il va me payer pour que je me barre … c’est marrant au début, mais deux jours de suite à Essaouira j’en peux plus ! En même temps ici le salaire moyen est de 200€, alors c’est logique que tu paye un peu plus cher en tant que touriste, c’est même saint, ça permet à des mecs qui ont rien de bouffer à l’oeil ou pour pas grand-chose. Mais de la a payer le prix pratiqué en Europe faut vraiment être con. En plus ça pourri le rapport humain, t’es blanc t’es un portefeuille sur patte, on s’offusquera même que tu trouve les prix cher ! Moulay Bouzerktoun c’est une autre ambiance, bien plus roots et humain. Tiens, petit exemple au passage, j’ai acheté un bout à fumer par l’intermédiaire d’un local … le 25g d’hier qu’on me vendait à 1000 dirham, il l’a eu à 300 ! Le même morceau, il y manquait même le pète qu’il m’a fait fumer hier ! …

Cat in Essouira

Le soir on est rentré, on est passé voir Fta et sa femme Ftoma les propriétaires de Lawana, il y avait deux riders tunisiens qui étaient venus faire la compétition, ainsi qu’Asri et moi. On a parlé un peu de la situation en France, j’ai l’impression que les gens ici sont mieux informé de ce qui se passe chez nous. Les journaux n’hésite pas à titrer sur les relations de notre pays avec le Mossad, on parle de pénurie d’essence, des manifs qui dégénèrent. Pour une fois je me sent moins seul, ici les gens ont conscience du comportement étrange de notre gouvernement. Ils hallucinent sur le comportement de nos forces de police, chose que l’on comprends aisément quand on voit la gentillesse des flics ici. Asri m’explique que les flics sont tranquille tant que tu respecte la loi. Ils sont serviables, ils te renseignent avec le sourire. On discute de tout ça en mangeant un tajin et en buvant du rhum et du whisky, enfin eux, moi je bois un Hawaï ! C’est un soda marocain mangue-passion-coco, il paraît que les français adore ça … à mon avis c’est parce qu’il y a un arrière goût de fromage qui te reste dans la bouche après chaque gorgée !! Je leur est dit que je devais pas être un bon français ça les a fait marrer. Surtout qu’au départ ils osaient pas trop parler en français de ça devant moi. Je suis heureux de rencontrer des gens ni lobotomisé par leur religion, ni par la société occidentale. C’est fort appréciables les rapports humains !

Vers 23H on est rentré chez Asri, un ami à lui est passé, Yacine. Je n’avais pas eu encore l’occasion de parler bien avec lui malgré que je l’ai croisé plusieurs fois ces deux derniers jours. Avec lui on a partagé nos réflexion sur les touristes et les marocains, chacun critiquant ses pairs et donnant l’opinion juste qu’avait l’autre ! Les touristes se la pètent trop, les marocains grattent trop ! Bien sur c’est une généralité, ce qui veut dire qu’il y a plein d’exceptions de part et d’autres, mais on est heureux l’un et l’autre d’en venir au même conclusion … Yacine part, il se lève tôt demain et il est déjà deux heures du matin, j’aimerais bien commencer à bouger demain, Asri devrait aller sur Agadir il pourrait me poser.

Lundi 23 mai : Moulay Bouzerktoun sous la grisaille …

Frog in Morroco

Au réveille, mauvaise surprise, le vent à tourner, il vient du sud et l’évaporation de l’océan se concentre sur les montagnes environnantes. Résultat, un brouillard à couper au couteau on se croirait en Écosse ou dans les Dombes. On prends un petit dèj en attendant de voir si le temps se lève. Asri est fatigué des trois dernières semaines sur les chapeaux de roues, il me dit qu’il ira pas à Agadir aujourd’hui, peut être demain. Pas de soucis, j’ai pas trop envie de bouger. Je passe une grande partie de la journée à taper sur mon ordinateur, je commence mes articles sur le Maroc. Celui ci à moitié et le précédent. Je veux poster les deux d’un coup mais ça me prends la tête de passer trop de temps sur le pc. Vers 16H le brouillard se lève et le soleil pointe enfin le bout de son nez, le vent se remet à souffler du nord. On va se faire une petite balade avec Asri, voir des bouts de plages sauvages et un petit oued un peu plus loin du village. Le décor est magnifique, la plage est formée de dune, on dirait un mini désert !

Wild Beach

Après avoir flâner un petit moment et s’être aérer l’esprit il est temps de rentrer. Petite soirée tranquille, on mange un tajin, on se matte un film. Demain c’est décidé, je rallie Agadir ! Asri n’ira pas demain mais il se propose de me poser à Essaouira pour prendre un taxi ou un bus. On se matte un deuxième film et on s’endort devant. Pendant la nuit je fait un rêve de désert et de chameaux, je me prends pour un touareg ! Mon séjour à Moulay Bouzerktoun prend fin. Merci Asri pour ton accueil, j’ai été reçu comme un prince ! Si jamais vous passez dans le coin, demandez Asri, il loue des chambres et vu les prix pratiqués ailleurs c’est vraiment pas cher !

Paix et Amour

Slim Sacquet

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