Sidi Ifni, carrefour des berbères et nomades sahraouis

Yo la famille,

nous nous retrouvons à mon arrivée à Sidi Ifni, voici le récit de mon séjour dans cette jolie ville côtière marocaine

23h, à la recherche d’un bouge ou passer la nuit.

A la descente du car je récupère mon sac et je trace direct, je sais pas ou sont les hôtels, mais l’arrêt devant le local de la CiTièMe grouille de « faux guides » … je remonte donc la rue, j’avais observé le plan de la ville avant d’arriver, mais je ne suit pas du tout ou je crois être. En effet la ville se compose en trois zones autour d’une immense place/terrain vague de près de deux kilomètres de longs sur quelque centaines de mètres de large … Je pars dans la mauvaise direction à tous les coups, après avoir longer cette place sur plus d’un kilomètre, je croise un couple qui se balade. Je leur demande ou se trouve les hôtels. Difficile de se faire comprendre, ici c’est une ancienne colonie espagnole et les gens parlent espagnole que français. Bon, ils arrivent plutôt bien à me comprendre mais pour me formuler une réponse on s’y mettra a trois, madame commençant des phrases, monsieur tentant de compléter les mots manquant et moi corrigeant les erreurs … c’est des petits détails qu’il faut vivre pour ressentir la magie de trois être humains qui essayent de se comprendre malgré les barrières qui s’imposent à eux. A ce que je comprends il y a des hôtels vers le poste de police à coté du local de la CTM !!! J’ai pas l’air con je viens de perdre 20 minute et je vais en reperdre 10 à faire le trajet inverse tel un marcheur de compète, le déhanché en moins …

Sidi Ifni by night

Revenue dans la lumière de la ville je trouve rapidement le poste de la Sûreté Nationale. Il y a un flic qui en garde la porte, j’en profite pour lui demander ma route. Le flic m’indique une porte bleue un peu plus loin dans la rue, c’est un hôtel même si rien ne l’indique. La porte est fermée, je toque une première fois, puis une deuxième deux minutes plus tard et j’entends des bruits de pas descendre des marches. La porte s’ouvre sur une tête toute endormie. C’est un ado de 15 ans qui fait le veilleur de nuit. Je lui demande si il a une chambre pour moi, réponse négative, l’hôtel est complet. Il m’indique un hôtel à une trentaines de mètres au croisement au bout de la rue. C’est l’hôtel Ifni, je vais pas m’arrêter sur l’originalité du nom, c’est pas pire que l’hôtel Belle Vue en bord de mer ! Et l’avantage c’est que la la chambre est à 35 dirhams la nuit au lieu des 200 réclamés par la Belle Vue (j’avais fait mon investigation sur le net avant). Je me présente au taulier, ça tête ne m’est pas inconnue, on dirait juste le sosie du père d’Ahmed. Il m’explique qu’il a plus que des chambres doubles à 70 dirhams la nuit. Je suis moyen chaud mais bon, je sais pas si je peux trouver un autre hôtel. Je demande à voir la chambre. Son fils, qui pour le coup ne ressemble pas du tout à Ahmed, me montre la chambre 10. C’est plutôt sympa, propre tant qu’on regarde pas sous le lit, il y a des draps et des couvertures, ils ne sentent pas la lessive mais ils sentent pas la mort non plus. Je dis au fils que c’est ok pour la chambre mais qu’il faut revoir le prix. Je propose 50 il impose 60, marché conclu, on paye d’avance ici ! Le jeux des négociations est toujours un jeux amusant. Le temps de poser mes sacs, je me roule un petit shler et part en visite de la ville. La porte est déjà fermée … je suis arrivé à temps ! Je remonte à ma chambre mettant de coté mon envie de visite, mais je tombe nez a nez avec le gérant, qui dors dans une chambre de son propre hôtel. Il me dit que c’est pas un problème, je peux sortir, juste il faut que je sonne quand je reviens.

Sidi Ifni by night

Sidi Ifin est une jolie petite ville, à minuit les rues sont bien vides, quelques groupes d’hommes discutent assis devant un porche, ou partage un joint ou une bouteille d’alcool. Je descend la rue ou je suis logé en direction de la mer j’espère. Pour trouver la mer descendre est la meilleur chose a faire, encore faut il pouvoir descendre. La rue s’arrente net sur un terrain vague d’une dizaine de mètres de profondeur, et ensuite une petite falaise avec la route en bas … Sur ma gauche j’aperçois le camping du coin en bord de plage. Je reviens sur mes pas, m’engouffre dans une série de ruelle, je cherche des repères pour retrouver mon chemin, en bon petit Sacquet je sème mes miettes de pain imaginaires aux quatre coins de la ville.

Lorsque j’arrive sur la plage celle ci est illuminée par une vingtaine de petites lucioles qui se déplacent sur le sable ou sur l’océan. Très vite je m’aperçois que ces lucioles sont en fait des lumières, genre lampe de poche, peut être des pécheurs qui ramassent des coquillages dans le sable, ou alors des chercheurs de trésor qui espèrent trouver la fortune d’un touriste oubliée sur cette grande plage. Je finis mon bédot et je m’en retourne à l’hôtel. J’ai fais un peu de repérage dans le coin mais pour les hôtels il y a deux tarifs : ceux à touriste autour de 200 dirhams la chambre et ceux pour les ouvrier du coin à 35 dirhams le lit. J’ai fait le bon choix. J’aime beaucoup cette ville bâtie sur une petite falaise en bord de mer, ça monte ça descend, ça fait du bien aux jambes après avoir passé la majeure partie de la journée assis dans un bus. J’arrive à l’hôtel, je sonne. Au même moment arrivent deux jeunes marocains habillé en petit minet de quartier, pantalon slim, petit polo lacoste et coupe a la tektonite qui écoute du rap au vocoder sur leur I-phone. Manque plus qu’un petit « 6 9 la trique pélot » et je me croirais au quartier … je me dis que peut être ils sont français mais non, ils baragouinent à peine trois mots. Le fils du gérant ouvre la porte, refoule les mecs parce que l’hôtel est complet, et referme derrière moi, ça fait un vieux bruit de porte de cellule qui se ferme. Désolé de l’avoir déranger à une heure du matin je lui offre un clope tout en lui demandant si les chambres sont fumeurs, il me dit que oui. Ma chambre est au milieu du U du couloir, la porte d’un coté la fenêtre de l’autre … Ici tout le monde fume la ou il se trouve. Même l’hôpital de Sidi Ifni affiche qu’il est un hôpital non fumeur ! Je conclue que tous les hôpitaux du Maroc ne sont pas non fumeurs … Une fois posé dans ma chambre je finis mon article sur mon séjour à Moulay Bouzerktoun, enfin. Ce coté un peu journal de bord me prends un peu la tête parfois, je me suis déjà dit plusieurs fois que j’allais écrire moins dans le détail, moins dans le descriptif et la figure de style, mais en écrivant ces lignes j’ai toujours pas réduit mon nombre de mots par article, je dirais même que ça augmente a chaque fois ! Une fois l’article finit je veux vous poster mes deux premiers articles sur le Maroc depuis la connexion wifi de l’hôtel … Marche, marche pas, marche, marche pas, marche pas, marche pas … bon ben tant pis pour les articles vous attendrez que j’arrive à Dakhla pour connaître l’histoire de mon passage au Maroc. 3H30 du mat, il est temps de se pieuter, demain j’ai envie de profiter de cette ville au max, je verrais demain si je peux avoir une chambre simple à 35 avec le gérant.

Sidi Ifni

Mercredi 25 mai : Sidi Ifni la bretonne

Pardonnez moi ce trait d’humour mais lorsque je me réveille à 9H, après avoir été réveillé régulièrement par les ouvriers de 6H à 8H, il pleut !!! Enfin il pleut, il bruine, le sol est chaud et reste majoritairement sec, mais il tombe un petit crachin, on supporte bien la veste ! J’ai l’impression d’être en Bretagne pour le coup.

Toits de Sidi Ifni

Ma mission du jour c’est de trouver un moyen de descendre à Dakhla avec quelqu’un qui fait la route. Sidi Ifni est une ville de surfer, je parcours les rues et trouve LE surfshop local ! Le patron me renseigne et me précise que c’est vide en ce moment, il a vu un couple d’irlandais hier qui sont passé le voir pour les tarifs. Et des français la semaine dernière qui remontaient de Dakhla jusqu’à Tanger. Bon, je fais chou blanc, je descend en direction de la plage. Il y a 3 camping en bord de plage, un est fermé et les deux autres ont un camping car chacun en guise de locataire ! La ville est vraiment vide de touriste et ça se sent, tu te fais pas accoster tous les trois mètres par un pélot qui a un truc a te fourguer ou te taxer.

Sidi Ifni et son phare

Je passe la matinée à flâner, glaner des informations mais la pêche est loin d’être miraculeuse. Vers 13H je croise les rastas du coin qui sont aussi surfer quand les conditions sont pas extrêmes comme aujourd’hui. Je leur demande si ils ont un plan pour Dakhla, l’un d’eux passent des coups de fil à des potes à lui mais eux aussi sont bredouilles, c’est pas vraiment la saison. Bon je fais une croix sur cette idée. Les mecs me déconseille le stop, ici c’est cool on aime bien les touristes mais dans les campagnes environnantes pas forcément. Bon ben quand je voudrais partir d’ici je prendrais le bus. Je vais au local de la CTM pour savoir à quelle heure passe le bus et je retourne me poser sur la plage. Il est déjà 14H et il fait toujours super gris. Je pense que dans la journée j’ai croisé les vingt touristes de la ville.

Sidi Ifni Plage

Pollution et réflexions personnelles …

Je pose mon cul sur cette plage. Ce qu’on peut dire c’est qu’elle est dégueulasse. Jonchée d’une multitude de merdes en plastique. Remercions au passage l’industrie pétro-chimique qui nous pourri un peu plus notre Terre chaque jour. Quand on pense que ces enfoirés font du lobbyisme pour classer le cannabis comme une drogue, parce que si on se mettait à faire des plastiques en chanvre il ferrait faillite tous ces connards (oui ça m’agace un peu alors je m’énerve pour le coup !) quand tu pense que ces plastiques en cannabis sont plus solides que ceux issus du pétrole mais surtout qu’ils mettent seulement 60 jours à se dégradé en pleine nature (l’été dernier avec ma copine en se baladant sur la plage on a trouvé un emballage de raiders, comme neuf, seul la couleur avait passé au soleil. Si tu connaît pas les raiders c’est que t’es trop jeune, gamin!).

Sidi Ifni Plage

Bon vu que je suis au Maroc et que je suis bien dedans je vais vous poser une petite colle qui vous aidera a réfléchir la dessus : Le cannabis est considérer comme une drogue douce, elle est la seule drogue douce au monde. On considère une drogue douce quand la dépendance n’est pas physique mais psychique. C’est à dire qu’aucune période de sevrage est nécessaire à la désintoxication, c’est de la volonté point. L’héroïne est considérée comme une drogue dure, la plus dure à se désintoxiquée, mais plus dure que l’héroïne arrive l’alcool, le sevrage le plus difficile et sur la brochure du ministère de la santé on parle de drogue, alcool et dépendance. Donc le ministère de la santé autorise la vente de l’alcool mais dans le même temps classe son sevrage encore plus difficile que l’héroïne … le problème n’est pas de savoir si l’alcool doit être légal ou non, perso moi je suis pour tout légaliser, on autorise bien la morphine ou le déroxate, le problème est de savoir pourquoi depuis les années 1930 on diabolise le cannabis. C’est à l’époque ou on sortait les antibiotiques, marrant comme coïncidence non ? Sachant qu’aujourd’hui on ré-autorise l’usage du cannabis à usage médicale et qu’on a de gros problème d’antibiotique inefficaces, là encore on peut s’interroger sur la politique et ses liaisons avec l’industrie pharmaceutique … Bon, je balance quelques pistes en espérant vous donner l’envie d’approfondir vos recherches, que tu consomme ou pas ça peut qu’être utile de s’instruire …

Le Colibri de Sidi Ifni

Donc le cul posé sur cette plage poubelle, sous la grisaille, devant une mer démontée je commence à ressentir une terrible solitude. Mes pensées divaguent au grès des vagues. Je pense à cet homme qui c’est rien faire d’autre que de détruire la planète qui lui permet de vivre, à cette société qui fonce aveuglement dans le mur, en se répétant sans cesse « jusqu’ici tout va bien ». Je pense à la situation politique en France, car ici rien ne me permet d’y échapper, journaux, radios, télévisions, simples quidam au coin d’une rue tout le monde en parle. Que ce soit l’islamophobie qui monte en Europe ou la situation en France. Ici les gens sont beaucoup plus pauvres que nous, mais la solidarité existe. Un mendiant mange, les gens lui donne une petite pièce, et aussi en redonne une au suivant et encore au suivant. Alors ils nous plaignent, car pour eux c’est nous les pauvres, pauvres de Cœur, pauvres d’Amour, pauvres en relations humaines et en solidarités … Je pense a tous ces gens que j’ai croisé, la majorité n’ont jamais quitté leur région, ils connaissent même pas forcément le reste du Maroc, mais aucun ne veut aller en Europe. Je suis estomaqué par leur conscience de la situation chez nous alors que la majorité de notre population est inconsciente ou résignée … Il paraît que la meilleur des dictatures s’appelle la démocratie. C’est ce qu’on me dira dans quelques minutes mais pour l’instant je suis dans mes pensées. Je pense aussi à vous qui êtes en France, je m’inquiète pour vous un peu, j’ai peur qu’en lieu de révolution il se produise une guerre civile. C’est paradoxale car avant de partir vous vous inquiétez tous pour moi, maintenant que je suis loin c’est moi qui m’inquiète pour vous … Du coin de l’œil je vois un mec d’une vingtaine d’année, habillé à l’américaine, prendre un vieux sac plastique qui traîne sur la plage et le remplir de pot de yaourt, de bouteille vide, de fil de pêche, et le poser sur la plage avec un caillou dessus pour empêcher qu’il s’envole et se répande de nouveau sur la plage, dans ma tête je pense au proverbe du colibri qui essaye d’éteindre l’incendie de forêt, chacun doit faire sa part. Si je vous décrit cet homme c’est pour vous faire prendre conscience que même si ce marocain se prend pourun américain à l’extérieur, il garde les valeurs d’Amour pour sa Terre et essaye de faire ce qu’il peut pour la rendre plus agréable. Combien d’entre nous ont conscience de ça, combien attendent que les autres se bougent, combien ramasse la merde sur le sol, comme ça gratuitement juste par conviction. C’est pas que les marocains en ont plus conscience que nous, mais cette vision m’a touchée … Je l’observe tout en étant perdu dans les recoins de ma tête, il fera au moins quatre sacs poubelle improvisés avant que je sois tiré de mon univers par un autre homme qui s’avance d’un pas décidé vers moi.

Sidi Ifni Plage

L’homme rejeté par la mer

Abdelkader, c’est son nom, vient me saluer. Un homme dans la cinquantaine, le cheich traditionnel des touaregs autour de la tête, un vieux jean noir troué, et une vieille veste de survet sur les épaules. Il me demande si je suis français, lui ayant répondu par l’affirmative il me dit qu’i aime bien discuter avec les français que ça lui permet de parler la langue. Il me parle de ses amis français qu’il s’est fait sur Sidi Ifni. Il y a son ami artiste qui c’est installé pas trop loin dans le coin, qui lui a offert un banjo mais il se l’ai fait voler car un jour il avait trop bu et il avait laissé sa maison ouverte … Lui même est musicien, il joue de la guitare, il se surnomme le Jimy Hendrix de Sidi Ifni. Je partage avec lui une petite cigarette magique, je me fait engueuler au moment ou je vais écraser le filtre de tabac. Il le récupère , le rallume fume jusqu’à ce qu’il se brûle les lévres, la il l’éteint et garde les quelques brins de tabacs dans un vieux paquet de clopes ou il va rejoindre de nombreux autres culs de joints.

Abdelkader le berbère et Slim le Sacquet

Il me parle de Santa Cruz de la Pequiña Mare, qui prendra le nom de Sidi Ifni après le départ des espagnols. Sidi Ifni veut dire l’Homme Rejeté par la mer en arabe, il me raconte la légende de se mollah qui avait trouvé sur la plage le corps d’un homme échoué et qui avait baptisé ce coin ainsi après que ses prières est rammenée l’homme à la vie. Je sais pas si elle est vrai mais moi j’aime ces petites légendes locales, ça me parle.

Sidi Ifni

On discute beaucoup de musique et de graffiti. Il fait lui même de la calligraphie arabe. On parle de la France, de politique, il me dit qu’il est jamais aller en France et qu’il a pas envie d’y aller. Un homme doit rester sur sa Terre de naissance, Allah en a décidé ainsi, sinon l’homme serait né ailleurs. C’est très sage comme parole mais je dois avouer que je le prends pour moi même si ça m’était pas adressé, j’essaye de lui faire comprendre que parfois l’homme ne trouve rien qui l’attache à sa terre, qu’il a besoin d’aller voir ailleurs … incompréhension totale! Je lui explique la situation en France il est bien au courant. Ça le fait marrer la France en pénurie d’essence alors qu’elle vole l’essence de l’Afrique. Il me dit qu’on devrait faire une chanson, une lettre au monde. Il me donne les premières paroles : « Notre lettre à la Terre, pour la Paix et la Liberté pour tous les Humains » On a le même sang et on fonctionne pareil, je suis pas tout a fait d’accord car ici ça fonctionne bien différemment, mais lui insiste. Il me dit qu’il faut pas faire attention aux diables qui veulent la richesse et le pouvoir, la richesse est dans le cœur et les européens sont très pauvres… lui aussi les plain. On échange encore un peux sur la France, on revient à la musique. Il me demande si il peu me jouer un truc à lui, je lui dit que j’ai pas de guitare et que lui n’as plus son banjo, il se démonte pas et me dit que la musique ça peut se faire à la main, en l’occurrence à la bouche et il enchaîne un morceau ou il joue les notes de sa bouche et se met à chanter en même temps. Je lui demande si je peux le filmer, pour vous le faire partager. Je lui explique mon voyage, mon blog pour dire a mes amis et ma famille comment ça se passe. Je lui demande si ça le dérange que je mette la vidéo sur internet. Il me demande si le monde va la voir, le monde je sais pas mais une petite partie peut être. Peut être les gens vont venir à Sidi Ifni juste pour te voir Abdelkader, cette phrase est lancée à la rigolade mais lui la prend très au sérieux. Il s’éclaircit un peu la voix, me demande si il peut rouler un petit joint pour se donner du courage, c’est joliment fait je me laisse taxer avec plaisir. Je sors mon appareil et commence ma vidéo. Je sais pas si j’arriverais à l’uploader pour vous la partager de suite mais peut importe je ferais plus tard un petit article dans la partie musique. Du coup j’ai réussi à l’uploader en squattant la connexion de l’hotel pendant quelques heures …

La vidéo ne retransmet pas la magie de l’instant, mais je suis sur un petit nuage, admiratif du personnage. Une fois la vidéo finie on la regarde. Il me dit qu’il aimerai avoir le même en me désignant l’appareil photo. Petit coup de parano, je me dis que j’aurais pas du le sortir que peut être il va vouloir me le voler, je lui dit que je peux pas lui donner l’appareil, il rigole ! Il me dit non pas l’appareil, le film. Il s’est jamais vu en film. Je lui demande si il a un ordinateur, non bien entendu, je lui demande alors si il connaît quelqu’un a qui je pourrais donner la vidéo pour lui. Il me parle de ses amis français qui habite a 18km d’ici, eux ont un ordinateurs, ils lui ont proposé de le visiter mais il ne peux pas se payer le trajet c’est 60 dirhams aller retour. Je comprends qu’il aimerait bien qu’on prenne le land rover ensemble pour aller voir ses amis. Il me dit on va la bas, tu dors la bas et demain on revient. Je suis moyen chaud, de toute façon j’ai repris l’hôtel pour la nuit prochaine dans une chambre une place, ce sera pour demain inch Allah.

Sidi Ifni Plage

Ça fait bien deux heures qu’on parle, le soleil est apparu il est presque 17H. Je dois voir un certain Mouloud qui gère l’école de surf du coin, lui sait peut être si il y a des gens qui descendent sur Dakhla. Je décide de prendre congé mais je peine Abdelkader. Il me dit qu’il veut m’inviter à manger chez lui, parce qu’on est frère … J’accepte la proposition, on se donne rendez vous après le coucher du soleil au bar en face du cinéma de la ville. Je le quitte et file à l’école de surf, mais il n’y a toujours personne.

Moubarak, le nomade sahaoui

Sur le chemin du retour à mon hôtel en remontant la rue piétonne qui surplombe la plage je fais une rencontre étrange. J’apperçois au loin quatre hommes assis à une table. En me voyant arriver l’un d’eux se lève. Il est vêtu d’une tenue bleue claire avec des piéces marrons cousue dessus, un grand cheich lui couvre les cheveux. Il m’interpelle en me proposant de partager le thé avec ses amis, chose que j’accepte. Je m’attable avec eux, il me présente ses amis, Aziz le patron du resto ou on est attablé, et ses deux autres amis dont je me souvient pas le prénom, ceci dit ils ont peu participer à la discussion qui s’ensuivit, du coup ils m’ont moins marqués. Vu leur tenue vestimentaire ça devait être deux notables de la ville, le deux était en pantalon de costume et petite chemise, ce n’est pas rare mais pour le coup les vêtement paraissaient vraiment neufs et propres. La première phrase d’Aziz fut : « Bienvenue dans ton pays, bienvenue dans ta ville, bienvenue à notre table, quand deux hommes se rencontrent quelque soit le sujet ils discutent politique, j’espère ça te dérange pas de parler politique.» Bien entendu non ça me dérange pas qu’elle idée. Nous discutons une bonne heure en buvant plusieurs thés. Aziz est berbère il me parle des montagnes, du coin. Moubarak, mais Aziz tiens à me précisé que c’est pas le diable de Moubarak que l’on connaît, celui qui a pris tant à son peuple. Moubarak est un nomade sahraoui, il me demande ce que je fais par ici. Je lui explique l’idée de mon voyage, lui dit que dans l’immédiat je vais en direction de Dakhla. Il me dit qu’il est lui même de Dakhla. Il m’appelle le nomade moderne. Il est content de rencontrer des nomades comme lui. La discussion vire encore sur la France et sa politique étrangère en Afrique. Je comprends bien son opinion.

les rues de Sidi Ifni

Il me raconte l’histoire de la région, carrefour du troc entre berbères et sahraouis. Il m’explique l’histoire du royaume du Maghreb qui s’étendait de l’Algérie à la Mauritanie incluant le nord du Mali pour le grand Maghreb. Et de la Tunisie à la Lybie pour le petit Maghreb. Il m’explique comment les français et les espagnoles (car le Sahara Occidental et la Mauritanie étaient des colonies espagnoles majoritairement et un peu portugaises) ont découpé des cartes cassant les relations entre tous les peuples qui constituaient ce royaume, en poussant les uns et les autres à se battre pour le pouvoir. Beaucoup de détails croustillants, il me faudrait plusieurs articles rien que pour les énumérés, j’en dirais donc pas plus, mais tout ceci renforce mon indignation face a notre politique coloniale et post coloniale. Même sans intervention pour voler les ressources de ses anciennes colonies, l’Occident est responsable de tellement de guerres fratricides. J’en était conscient depuis de nombreuses années, c’est aussi ce qui m’a donné envie de partir voir d’autres contrées, mais la discussion me met plutôt mal à l’aise. J’aimerais m’excuser pour le mal fait par mon pays au fil des siècles, mais il n’en veux à personne personnellement, juste a nos dirigeant qu’il traite de serpents. Nouvelle remarque magique qui me parle particulièrement. Je dois avouer que l’atmosphère est chargée en énergie, on semble être dans une bulle spatio-temporelle, le monde autour de nous semble tellement loin. Aziz n’hésite pas à y aller de ses précisions, les deux autres hochent la tête ou lance un ou deux mots en arabe de temps à autre. La discussion est entièrement en français. Quand il parle arabe entre eux ils se reprennent et se mettent a parler en français, c’est appréciable. Aziz m’explique qu’il faut que je passe voir Moubarak dans son magasin, pour « troquer » avec lui. La curiosité me pousse à accepter.

La mosquée de Sidi Ifni

La découverte des traditions des nomades sahraouis

L’échoppe de Moubarak se situe à une centaine de mètres plus loin dans une rue perpendiculaire à la balade piétonne qui surplombe la plage. C’est une petite pièce rectangulaire de 3 mètres de larges sur 5 de profondeur environ, vous m’en voudrez pas j’avais pas de mètres sur moi. A l’entrée on se déchausse. Il sort une bonbonne de gaz avec un petit réchaud installé dessus et prépare un thé. Pendant que l’eau chauffe il me sort un premier objet, c’est un coussin en peau de dromadaire décoré à la main. Il m’en sort un vide, et m’explique le principe de se coussin. C’est le sac de la dote de mariage qu’un homme donne à une femme quand il veut l’épouser. L’homme le remplie des bijoux et objet qu’il a fabriqué pour l’élue de son cœur et lui offre le tout. Le coussin a ce moment là est un sac en peau de dromadaire vierge de toute décoration, c’est le sac de la dote. La femme reçoit le coussin et le garde le temps de la réflexion. Si elle veut se marier elle rend le sac décoré par ses soins tout en gardant la dote, dans le cas contraire elle rend le sac vierge avec la dote dedans. Elle peut garder un objet si elle le souhaite. Le coussin est ensuite remplis de poils de dromadaire et est donné au marié le jour du mariage. La décoration se fait avec du corail pour le rouge, du safran pour le jaune et de l’indigo pour le bleu/violet. J’apprends que l’indigo est une plante qui pousse dans le désert. Il m’apprend aussi que les nomades troquaient contre de la nourriture, afin de se nourrir. Maintenant les nomades sont sédentarisés même si ils ont deux ou trois lieux de vies entre lesquels ils alternent. Les objets sortent un par un de son coffre sans fond, des petites bague à tabac ressemblant aux coussin de mariage en tout petit, avec trois poches, une pour la pipe, une pour les allumettes et une pour le tabac. Il me montre des bijoux, des boites a bijoux, fait avec les pierres précieuses trouvée par les nomades à même le sol du désert. D’après lui c’est le cadeau d’Allah quand il a fait se retirer la mer du Sahara, il me précise qu’Allah veut dire Dieu en arabe et que les arabes chrétiens disent aussi Allah, que c’est les occidentaux qui refusent cette interprétation, mais que pour les musulmans, les chrétiens arabes et les vrais juifs (sous entendus ceux qui ne colonisent pas la Terre Sainte) Allah est le même pour tous, et que chacun le vénère dans sa foi, et que peu importe la foi l’important est de louer Allah. Je ne peux que partager son avis sur les conflits religieux même si pour ma part j’ai mes propres croyances. On continu l’étalage des objets, des boites en bois d’ébène recouvert d’une peau de dromadaire, celui ci a plus de 150 ans, celui la seulement 50, mais la partie solide du sac n’est pas du bois d’ébène mais une vieille boite de conserve. La plus part des objets qu’il me montre on servis déjà, ils contiennent souvent de l’argent, le métal, pas la monaie. Je suis curieux de tout, lui demande comment ils incrustent cet argent sur les objets, on dirait des trais dessinés au stylo. Il répond a toute mes questions, s’amuse parfois de mon ignorance.

Je me croirais dans un roman des milles et une nuit. Tout en me montrant ses objets il commence a me parler de moi, il rentre dans mon intimité affective. C’est toujours bizarre quand des personnes vous raconte des épisodes de votre vie. Pour ma part je suis pas incrédule face à la voyance, mais c’est une pratique qui me met mal à l’aise, surtout quand on lit en moi comme dans un livre. Je vous épargnerai cette partie de la conversation, mais elle me met une boule au ventre.

A la fin il me sort un dernier objet, une sorte de saladier bien évasé en ébène. C’est le plat ou se passe le troc, chacun mettant les objets qu’il veut troquer dans un plat, en rajoutant ou en enlevant au fil de l’avancée du troc, jusqu’à ce que la balance soit équilibrée (balance au sens figuré, il n’y a que les plateaux en guise de balance). Aujourd’hui il n’y a plus qu’un plat, il me dit de mettre dedans les objets qui pourraient m’intéresser et il me fera ses prix en fonction. J’avais pas forcément envie d’acheter mais deux objets m’intéressent, je les mets dans la balance et il m’en donne le prix. L’un des deux est trop cher, je décide de pas le prendre, mais je laisse l’autre dans le plat. Je lui demande de voir un cheich et une tenue de sahraoui. Il me les montre, me donne le prix par élément, je me rend compte que je me suis bien fait avoir dans la médina d’Essaouira ! Je décide de prendre que le cheich en plus de mon premier choix, il me rajoute le pantalon et me fait une offre pour le tout. Je me suis trop engagé dans l’affecte, je me suis fait un peu avoir par le jeu de la négociation et j’accepte la proposition. C’est le jeu. Il me remercie de manière traditionnelle de permettre aux nomades de manger, c’est du sahraoui, j’y comprends rien mais c’est joli a l’oreille, on dirait une sorte de prière. Ou une incantation, je préfère chasser cette pensée de mon esprit, ne voulant pas ouvrir une porte au cas où. La négociation terminée nous buvons un deuxième thé pour sceller notre accord, on échange l’argent contre les objets et nous disons au revoir. Il me donne avant son numéro de téléphone et me dit de pas hésiter à l’appeler si besoin. Je le remercie pour sa gentillesse, le remercie pour le partage de sa culture, et le remercie pour la transaction. Nous nous quittons dans une poignée de main qui finis en étreinte, avec tape dans le dos, tempe contre tempe. Je veux faire une photo de lui et son échoppe, il refuse me disant que les images se gardent et se transmettent par l’esprit. J’aime la pensée dégagée par cette sentence.

Toits de Sidi Ifni

Il est déjà 20H, je décide de rentrer a l’hôtel prendre une petite douche. La douche ne marche pas plus que ce matin, je me lave dans les toilettes avec le robinet qui sert de chasse d’eau ! C’est ça aussi la vie à la roots. Une fois l’odeur de pisse assimilée, c’est pas pire que de se laver au lavabo, l’avantage c’est que tu t’en fout que l’eau tombe par terre le sol est déjà mouillé 😀

Après la douche je regarde un peu le coucher du soleil par la fenêtre. Je reçois un coup de fil du fréro, ça fait toujours plaisir d’avoir une voix familière avec qui échanger. On discute une bonne demi-heure il fait déjà nuit … il est 21H30.

Mon nouvel ami Abdelkader

Je par rejoindre Abdelkader, les rues de la ville sont bondées, comme chaque soir le marché est en place et chacun vends tout et n’importe quoi dans un bric à brac hallucinant. On trouve de tout, des épices, du pain, des vétements traditionnels, des vetements occidentaux, des jouets made in china. C’est pas un marché pour touriste et personne m’interpelle pour me vendre un truc. Je passe au milieu de la foule sans que personne ne me remarque et je marche vers le ciné de la ville, il doit y avoir un bar en face et j’y retrouverais l’homme rejeté par la mer.

Abdelkader m’attends, buvant un café à la terasse de ce petit troquet de quartier. Une vieille chaîne hi-fi diffuse des vieux tubes rock des années 60 70. Je m’installe sur la chaise libre a coté d’Abdelkader et on se prend un café … Oui, je me suis remis à boire du café, j’ai du mal à refuser et puis je me rends compte que j’y reprend goût, comme quoi une ambiance, un lieu, un événement peut changer beaucoup de chose en nous. On rste une bonne heure dans ce café, on partage un shler, on écoute la musique, on regarde les jolies filles qui passent. Parfois il essaye de les dragué, c’est mignon, et souvent elles se marrent. Je me rend compte que contrairement à l’idée reçu un voile n’est pas une barrière à ce genre de chose, ça ajoute même un charme, bloquer sur un regard et imaginé ce qui se cache derrière le tissu. Je ne suis pas la pour draguer mais cette fois ci je laisse traîner mes yeux un peu … Au bout d’une bonne heure de discussion on se met en route pour aller chez lui. On traverse la ville, repasse devant mon hotel et remontons une grande rue. Le quartier est vraiment pas terrible mais les gens qui y vivent on l’air heureux. Ici tout le monde connaît Abdelkader l’enfant du quartier, le petit prodige qui a refusé de partir de chez lui pour suivre ses amis enregistré à Paris. Tout le monde se moque un peu de lui, c’est un peu l’artiste fou de la ville.

Nous rentrons dans sa maison, sa garçonnière comme il l’appelle. Il habite au rez de chaussé, son neveu à l’étage. ‘unique pièce qui compose son lieux de vie est sobre : Deux matelas posés à même le sol, un vieux casier en plastique Ikéa (j’avoue que j’ai bloqué sur ce détail!), une table basse formée d’un carton et d’un plateau de bar et une petite commode en bois, le tout surmontée d’une multitude d’objets. Il fait chauffer un thé et me sort toute une série de photos de sa jeunesse. On le voit avec son professeur de musique, ses amis musiciens qui sont partis enregistré en France dans les années 80, des photos de lui avec des personnalités marocaines que je ne connais pas, dans des hôtels de luxe … une fois qu’il m’a montrée toutes les photos il sert le thé que nous buvons autour d’une autre joint. Ensuite il se lève et va chercher notre repas chez sa mère qui habite la maison à coté. Il me laisse seul dans cette petite pièce minuscule éclairée à la bougie. Il me dit de ne pas m’inquiéter, de pas ouvrir la porte si quelqu’un tape, qu’il revient dans dix minutes. Et il s’en va.

Je me pose plein de questions sur cet étrange personnage. Cet homme qui n’a rien mais qui donne a chaque mendiant qu’il croise. Cet homme qui aurait sûrement pu avoir une belle carrière musicale au Maroc voir même en Europe. Cet homme qui a vécu le luxe dans des hôtels, qui vit dans une pièce insalubre et qui a toujours le sourire.

Chez Abdelkader

Il revient vingt minute plus tard avec une soupe et du pain, il me dit qu’après il ira chercher les sardines grillées. Il me donne le nom de la soupe, mais j’avoue que j’écris ceci depuis Dakhla, qu’il s’est passé quelques jours et que j’ai oublié le mot. C’est une soupe épaisse faite avec des haricots rouge il me semble, on ne la boit pas, on la mange avec du pain. Il me dit que sa mère ne croit pas que le français va vouloir manger ça et que lui savait que je mangerai. C’est pas le plat du siècle mais c’est pas mauvais du tout. Le tuperware qui servait de plat est vidé en deux temps trois mouvement. Je suis déjà blindé, mais il insiste pour les sardines. Je suis moins fan, mais je mange quand même un peu. C’est pas que c’est mauvais, mais le poisson grillé c’est vraiment pas trop mon truc. En même temps je suis la pour découvrir alors je découvre. Une fois le repas fini ondiscute encore un peu autour d’un thé, puis l’on se quitte et je rentre dormir a mon hôtel, il est près de 2H déjà !

Jeudi 26 mai : dernière matinée à Sidi Ifni

Ce matin la je me réveille assez tôt, le temps est encore à la grisaille il est 8H. Je prépare méticuleusement mes sacs, afin de rien oublié et que tout tienne dans mon sac à dos. Je jette un œil à la douche, sans grand espoir et décide de faire l’impasse de la toilette dans les chiottes, ça ira pour cette fois, on arrive près du désert faut commencer à économiser l’eau. Je dois retrouver Abdelkader, il faut que je lui donne la vidéo et les photos qu’on à fait ensemble. Je n’irais pas chez ses amis français, je suis pas sur d’être attendu et je voudrais pas déranger ni m’incrusté. En allant au café ou l’on s’est retrouvé la veille au soir je décide de traverser le souk. C’est blindé de monde, ça crie beaucoup. Un homme sort d’une échoppe et se présente à moi. Saïd me demande si je suis français et si je veux lui acheter une maison ! Je lui montre mon gros sac à dos « Elle est là ma maison, merci ». Il rigole et on entame une discussion un peu banale, le jeu du marchandage pour essayer de me la fourguer sa maison. On discute un dizaine de minute avant que je vois sont attitude changé et son visage s’assombrir. Il regarde derrière moi, je me retourne et je vois Abdelkader planté la. Les deux hommes se connaissent, feignent l’amitié devant mes yeux mais je vois bien qu’il y a un malaise. Saïd me dit au revoir précipitamment et je pars avec Abdelkader. Il me demande ce que m’a dit Saïd, qu’est ce qu’il me voulait. Je lui explique pour la maison. D’un ton grave il me dit de me méfier des faux guides comme Saïd, qu’ils me feront fumer du bon shit pour me vendre de la merde, ou m’emmener voir des amis à eux dans le désert pour me dépouiller ! La discussion prend une tournure bizarre et je me choppe un coup de parano. Les amis français d’Abdelkader existent-ils vraiment. Le doute plane mais bon ça ne change rien à cette belle rencontre que j’ai vécu. Peut être que j’ai bien fait de pas y aller, peut être pas, mais mon instinct me disait de pas le faire et cette discussion me renforce dans mon choix, au cas ou j’avais envie de craquer avant la fin. C’est à ce moment donné qu’il décide de me demander si on va voir ses amis. Je réponds par la négative, lui expliquant que mon bus est à 14H et que je voudrais pas le manquer. Je lui demande de m’emmener chez un photographe afin de mettre photo et vidéos sur un DVD. En nous dirigeant vers le photographe il me demande si je suis faché. Le malaise se ressent et moi je sais plus trop quoi penser, je me sent con, c’est pas facile de jamais savoir vraiment. J’aimerais lui expliquer mon ressenti mais je préfère me taire sur le sujet et embrayer sur des questions sur la ville, attitude un peu lâche de ma part je l’avoue.

Graffiti in Sidi Ifni

En arrivant chez le photographe je laisse Abdelkader choisir la photo qu’on imprimera pour rejoindre sa collection de photos. Je fais graver le DVD avec la vidéo et les photos. Apparement c’est pas la première fois qu’Abdelkader ramène des étrangers ici pour récupérer des photos, le matin même il était passé en chercher trois qu’un artiste français qui séjourne souvent dans le cin lui a laissé. Le photographe discute avec lui, je comprends quelques mots mais la conversation est obscure. J’imagine qu’il lui demande comment il fait pour être l’ami des touristes et Abdelkader rigole et se met a chanter dans le magasin. Tout le monde part en fou rire, le gérant, son employée et les deux autres clients qui faisaient des photocopies. Je sais pas trop si le rire est sincère ou si on se moque, et de qui on se moque … Une fois le DVD gravé et la photo imprimée, nous repartons en direction du centre ville. Nous discutons encore un peu, je récupère son adresse et lui dit au revoir. On se serre dans les bras et il murmure quelques mots en arabe a mon oreille.

Sidi Ifni

Je me dirige vers le local de la CTM pour prendre mon billet pour Dakhla, le départ est prévu à 14H et l’arrivée pas avant 6H du matin, sans prendre en compte les retards forcés qu’on aura sur la route. Car c’est toujours ainsi dans les transports en commun du monde entier …

Sidi Ifni

Mon séjour à Sidi Ifni prend fin, à bientôt pour la suite de mes aventures

Paix et Amour

Slim Sacquet

Facebooktwittergoogle_plus

Un commentaire

  1. Naka
    30 mai 2016
    Répondre

    Cherche pas a reduire quoi que ce soit………c’est tres interessant , tu me fais voyager avec toi frero .Merci

    Prends soin de toi .

Laisser un commentaire